•  

    - Maman, pourquoi ma sœur ne met pas son manteau rouge aujourd'hui ?

    - Il est trop petit, je vais le ranger.

    - Tu vas le garder pour un nouveau bébé ?

    - Non, pourquoi tu dis ça ?

    - Bahh, on veut être trois, nous !

     

     

    - Maman, bientôt je vais grandir grandiiiir et je serai un adulte ?

    - Pas tout de suite mon chéri. Tu vas grandir, mais avant d'être un adulte tu seras un enfant, puis un grand enfant... On est adulte quand on a 18 ans !

    - 18 ans ?! C'est beaucoup 18 ans ! Quand j'aurai 18 ans je serai un monsieur ?

    - ... Oui, tu sera un monsieur, mais tu resteras toujours mon bébé d'amour !

    - Oui, je te ferai encore des câlins, maman. (=> Je lui fais signer un contrat tout de suite ?)

     

     

    Au milieu de la nuit, le Crapaud arrive en pleurs près de mon lit :

    - Mamannnn, j'ai perduuu le chat bottééééé

    Là je comprends qu'il parle du livre qu'il avait dans les mains quand il s'est endormi, et que j'ai posé sur sa table de chevet pour qu'il ne soit pas gêné en dormant.

    - Je l'ai posé, chéri, il est à côté de ton lit.

    - Mais moi je voulais dormir avec le chat botté !

    La mère qui n'a rien compris... En fait, il ne s'était pas endormi en lisant le livre, il avait choisi de dormir avec le livre comme il choisit un doudou certains soirs !

     

    Bribes de conversations avec mon grand garçon qui me surprend toujours par ses réflexions existentielles à partir de sujets banals du quotidien !  Alors, en revanche, pas du tout de troisième bébé en vue ici ! Je ne sais pas où il est allé chercher ça !

     


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  • Peut-être par souci de les préserver, je me suis aperçue que je ne parlais plus beaucoup des enfants par ici. Alors aujourd'hui, je m'arrête un peu dans cette course folle des jours et des semaines pour parler de ma fille. Parce qu'elle va avoir deux ans bientôt. Parce que c'est une adorable petite personne.

    ma FILLE !

    C'est sans doute le propre des mamans d'avoir le cœur qui fond pour leur progéniture, et je ne déroge pas à la règle.

    La petite hirondelle qui a fait notre printemps il y a quelques 23 mois est aujourd'hui une grande fille. Elle n'a pas deux ans et pourtant, elle a tout d'une grande. D'un petit bébé "cool", souriant et câlin, elle est passée, sans qu'on s'en aperçoive vraiment, du côté des enfants, quelque part entre ses 17 et ses 18 mois. Sans doute entraînée par son grand-frère, qui n'est que de 20 mois son aîné, elle a très vite compris les subtilités des relations sociales et s'est révélée en vraie protestataire, bien trop tôt à notre goût, certes... Je me plairai à lui raconter quand elle sera plus grande comme elle a su très vite dire non, et à lui relater que sa première phrase complète fut "je veux pas", suivie à quelques jours près de "j'ai pas envie".

    La demoiselle n'en est pas moins câline, et les "caquins" (son petit mot pour dire câlin) qu'elle nous réclame sont encore nombreux, grand bien nous fasse ! Elle n'est pas non plus avare en bisous avec ceux qui savent l'amadouer. Car oui, elle est un peu sauvage avec ceux qu'elle ne côtoie pas quotidiennement. Mais c'est pour mieux vous offrir ses éclats de rire quand la glace sera brisée, mon enfant !

    ma FILLE !

    Avec son crapaud de frère, c'est je t'aime, moi non plus. Ce sont les enfants les plus complices du monde un instant, et celui d'après, ils se disputent un playmobil à coup de morsures dans le dos, de hurlements proches des ultrasons et de cheveux arrachés. Malgré tout, ils sont soudés, et s'aiment franchement, ces deux-là. Vous verriez comme ils s'inquiètent l'un pour l'autre, quand l'un manque à l'appel !

    Ma fille n'en est pas la moitié d'une, de fille. Passons sur la folie de la "Reine des Neiges", qui nous poursuit déjà... Mademoiselle aime les robes, les collants, qui brillent de préférence, les barrettes dans les cheveux, les colliers, les hauts talons quinze pointures trop grands... Et je vous assure que je n'ai pas franchement fait grand chose pour lui faire aimer tout cela. Chaque soir ou presque, nous avons aussi droit à notre petite comédie musicale :  elle se met spontanément à chanter et à tourner sur elle-même dans des élans dignes du Lac des Cygnes ! J'ignore s'il s'agit là d'une vocation ! En tout cas, "C'est crô bien", nous dirait-elle !

    Paradoxalement, elle est aussi un vrai bulldozer : le sobriquet "bulldo" donné par son père vient de là, et ne s'écrit pas "bulle d'eau", non non. Elle n'est pas du signe du taureau pour rien, cette fonceuse. Les bleus sur ses genoux en témoignent.

    Ma fille, mon hirondelle, ma petite choucroute, ma belette, ma petite cacahouète, mon cœur en sucre, ma choupette, j'espère que tu me laisseras t'affubler longtemps encore de tous ces petits surnoms d'amour, et que ta joie de vivre passera les années pour maintenir en forme ceux qui seront un jour tes vieux cons de parents - car ne nous leurrons pas, nous y passerons !

    ma FILLE !

     

    Edit : mes pensées vont au peuple belge en ce triste soir... C'est un jour parfait pour clamer l'amour. La haine n'engendre que la haine...


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  • Petites activités par temps pluvieux pour les 2-3 ans

    J'imagine que c'est un peu pareil dans toutes les maisons : le salon regorge de jouets en tout genre, et pourtant, certains jours, vos enfants ne savent pas quoi faire.

    Ici on a trouvé (enfin, on n'a pas inventé l'eau chaude non plus) quelques activités bon marché qui fonctionnent à tous les coups, et parmi elles, la fabrication de colliers de perles.

    L'avantage, c'est que cette activité peut-être réalisée avec ce que vous avez sous la main : des perles, pour les mieux lotis, mais pourquoi pas des bouchons, des macaronis, des rouleaux de papier toilette coupés en rondelles... Et le matériau utilisé vous permet surtout d'adapter l'activité à l'âge des enfants ! Plus les "perles" sont grosses et plus le fil est rigide, plus c'est facile.

    Petites activités par temps pluvieux pour les 2-3 ans

    Enfiler des perles sur un fil est une action qui requiert une certaine maîtrise de la motricité fine.

    L'enfant doit tâtonner pour savoir à quelle distance du bout il doit tenir le fil, pour viser le trou, et pour attraper le fil de l'autre côté, puis tirer.

    L'idéal, pour commencer, est donc d'utiliser un fil épais et rigide, qui sera facile à passer dans les trous, ainsi que des "perles" assez grosses, au trou lui aussi assez large. Avec L'hirondelle, qui n'a pas encore deux ans, on utilise des gros bouchons en plastique de couleur dans lesquels on a percé de gros trous.

    Petites activités par temps pluvieux pour les 2-3 ans

    Avec son frère, qui a plus de dextérité à 3 ans 1/2, nous utilisons des petites perles en bois de différentes formes, ce qui fait varier la difficulté, avec ce même fil un peu rigide qui s'enfile bien.

    Petites activités par temps pluvieux pour les 2-3 ans

    Petites activités par temps pluvieux pour les 2-3 ans

    Il est facile de faire évoluer l'activité : prendre un fil et des perles plus fins, certes, mais vous pouvez aussi faire entrer en jeu les couleurs. Ainsi, dans les écoles, les enfants ont parfois un modèle avec un algorithme à respecter.

    Peut-être que je pourrais m'inspirer de ma toile cirée, tiens ! ;-)

    A l'école, le crapaud a des "fiches de réussite" qui permettent de garder une trace de toutes ces petites activités simples mises en place en classe et sollicitant motricité fine, couleurs... Merci maîtresse, c'est très intéressant de garder cette trace de tous les ateliers de manipulation qui sont faits en classe ! D'ailleurs, avec les nouveaux programmes, la manipulation a été remise au premier plan des activités de la maternelle, et ça je trouve que c'est HYPER important !

    J'ai noté ainsi, entre autres, une chouette idée : accrocher des pinces à linge de couleur tout autour d'une assiette en carton ou d'un récipient (bol, saladier, panier). Là encore cela demande une dextérité certaine, et vous pouvez vous amuser à imposer un algorithme de couleur  à respecter.

    Comme on dit, c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures confitures. Au diable les jouets électroniques bruyants et chers. Les enfants adorent ces petits jeux réalisés à partir des objets de la maison ou d'éléments de récup, ça ne coûte pas un rond, ça les occupe des heures.

    Et je trouve que ces petits jeux révèlent de façon incroyable leur capacité de concentration, qu'on sous-estime souvent !

     

    Petites activités par temps pluvieux pour les 2-3 ans


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  • ...ou comment "se contruire avec".

    Je réédite un article de mon ancien blog, écrit 3 mois après la naissance de notre crapaud prématuré. Sa naissance fut aussi notre naissance en tant que parents. Et je dédie aujourd'hui cet article a une toute nouvelle maman que je connais, qui traverse en ce moment l'épreuve de la prématurité.

    Parents nés prématurément

    Avoir son enfant en néonat est quelque chose de très difficile à vivre. Même si le mien n'y a passé "que" 24 jours, son séjour là-bas nous a semblé interminable. Mais "le bébé va bien, c'est le principal", se répète-t-on, à force de l'avoir entendu dans toutes les bouches.

    Une courte réhospitalisation un mois après son retour à la maison m'a fait réaliser que d'une part, le bébé n'allait peut-être pas si bien que cela, et que d'autre part, le "principal" m'avait fait mettre de côté quelque chose de primordial : j'étais très très bas, côté moral. Quand nous avons franchi de nouveau les portes de la néonat, je me suis pris un énorme contre-coup dans la figure. Outre l'inquiétude de voir son enfant subir des examens et de ne pas savoir pourquoi ses bilans sont mauvais, s'il a une maladie rare ou grave, j'ai compris que la page n'était pas du tout tournée.

    J'avais tout enfoui... Certaines douleurs ou frustrations de ma fin de grossesse comme la nécessité d'être au repos, la frustration de ne rien pouvoir faire, le regard compatissant de certains contre les petits "la grossesse n'est pas une maladie" des autres alors qu'à quelques jours près, le bébé et moi y passions. J'ai réalisé que je souffrais toujours de n'avoir pas eu un accouchement ne serait-ce que "classique", que je souffrais surtout de n'avoir pas eu mon enfant auprès de moi tout de suite, que j'avais le coeur en miettes d'avoir dû attendre près de 48 h pour espérer voir mon fils à cause d'une ridicule histoire de perfusion non remplacée par des comprimés ce jour-là (je ne pouvais pas aller en néonat avec ma perf). J'ai revécu difficilement ces soirs où il fallait remettre ce beau bébé dans sa boîte, où il fallait rentrer à la maison rien qu'à deux. J'ai revécu cette désagréable impression d'être transparente pour le personnel médical, aussi...

    Oui, j'ai trouvé la vie profondément injuste de nous faire vivre ces épreuves alors que nous n'avions pas de facteurs de risques.(Je n'ose pas imaginer ce que ça aurait donné si j'avais eu quinze ans de plus, un surpoids, si j'avais fumé, bu, porté des choses lourdes, pris la voiture tous les jours, etc.)

    Il m'aura fallu plus de trois mois pour commencer à tourner doucement la page.

    J'ai compris qu'il ne servait à rien d'enfouir tout cela, que ces douleurs ne s'effaceraient pas, qu'il fallait simplement apprendre à vivre avec. Ce sont des valises emplies d'émotions que nous traînerons toujours derrière nous, et qui font de notre famille celle qu'elle est à ce jour.

    Certes, nous n'avons pas vraiment vécu les jolis moments que vivent les autres parents autour de la naissance de leur enfant, mais nous en avons vécus d'autres. Malgré tout, mon accouchement fut un vrai beau moment partagé avec mon homme (j'y reviendrai dans un article dédié), la première tétée fut à 1 000 000 sur une échelle de 1 à 10 en terme d'émotion, et le papa a eu une place primordiale dans cette histoire(là aussi j'y reviendrai). 

    Certes, j'ai mis du temps, dans de telles conditions, à créer un lien avec mon enfant, mais ce lien est aujourd'hui extrêmement fort. Souffrir de la séparation, découvrir que notre enfant reconnaît notre odeur, notre voix, le voir subir de nombreux soins et examens désagréables, savoir qu'il est extrêmement fragile et avoir peur chaque jour de le perdre : autant de choses qui font évoluer le lien très vite. C'est un peu à l'image de la courbe de croissance de mon petit bout : un départ de très très bas, mais une courbe quasi verticale !

    Non seulement cette naissance a révélé la force de notre couple (quand on sait qu'un couple sur cinq se sépare dans le mois qui suit la naissance d'un enfant sans que les conditions soient forcément difficiles...), mais elle nous a révélés en tant que parents. Parents détenteurs d'une autorité qui prévaut face aux médecins quand il n'est plus question de vie ou de mort : pour lui, nous avons "gueulé" quand les médecins nous ont pris pour des idiots, pour lui, nous avons dû faire des choix, nous surpasser. Et ces valises-là ne sont pas des boulets que l'on traîne.

    Au fond, la vie n'a pas été si injuste que cela...

    Au bout de cette route tortueuse, nous avons trouvé un espace paisible où la vie "tous les 3" a commencé à pouvoir se mener doucement, tout en ayant mesuré à quel point l'équilibre quotidien pouvait être fragile. Alors nous profitons, nous savourons ces petits moments tout simples. Nous apprenons sagement à ne plus passer notre temps à regretter le passé et à anticiper l'avenir avec angoisse. Sans toutes ces embuches, sans doute perdrions nous encore beaucoup de notre temps...

     


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  • Ecole : les dommages collatéraux

    Trois semaines après la rentrée, nous découvrons doucement ce que j'appelle avec humour les "dommages collatéraux" de l'école. On se doutait bien qu'un rythme de 4 jours et demi d'école par semaine + cantine + TAP, ça aurait des conséquences sur notre grand loup. Évidemment, ça n'a pas manqué...

    Première chose : c'est très dur de le lever le matin, les jours d'école (oui car ce serait trop beau si on avait droit aux grasses mat' le week-end). Comme il n'a ni envie de se lever, ni envie d'aller à l'école, (il a le cafard au réveil et lâche encore quelques larmes quand son papa le dépose) tout est sujet à bataille : le petit déjeuner, l'habillage, le passage aux toilettes...

    Ensuite, je trouve que son comportement a changé. Il est plus agressif, presque insolent dans sa façon de s'adresser à nous quand quelque chose ne va pas. Je mets ça sur le compte de la concentration que nécessite une journée d'école et je me dis qu'une fois à la maison, il en a assez de s'être contenu toute la journée et donc il lâche les chevaux. Pas facile à gérer car il faut bien qu'il évacue la pression, mais je ne peux pas non plus tolérer de me faire crier dessus par un gamin de trois ans... L'autre soir, il m'énervait tellement à râler, à me tenir tête, à sauter partout, que je lui ai dit : mets ton manteau, on va courir dehors. Il ne comprenait pas trop. Je l'ai emmené à un espace vert près de la maison et on s'est défoulés : je l'ai fait courir, sauter, faire le lion... Pendant 10 minutes à peine, mais j'ai senti que ça lui faisait du bien. J'ai joué le jeu, moi aussi j'ai couru, j'ai sauté...ça m'a bien détendue aussi d'ailleurs. Et lui a adoré que maman fasse la fofolle avec lui ! Ensuite on est rentrés et je l'ai senti moins dans le conflit.

    Enfin, le plus problématique, je trouve, ce sont les repas. Le matin, ça va, on lutte un peu mais on arrive à lui faire avaler deux tartines et une tasse de lait. Le midi, c’est la cantine, il n'y a pas de collation entre deux. Au vu de ce qu'il me raconte, il n'y mange pas forcément grand chose... "Il y avait des carottes mais je n'en ai pas voulu...". Le goûter, il le prends vite fait dans la voiture pendant qu'on va chercher sa petite sœur chez la nounou. Reste le repas du soir. Sauf qu'une fois à table, il est tellement crevé qu'il ne veut pas manger. Nous avons droit à des "Beuuuuuurk, c'est dégoûtant", qu'il a sans doute entendus de la part de camarades de réfectoire... On a tenté de le priver de dessert, de le menacer d'aller se coucher s'il ne mangeait pas, sauf qu'il répond ravi "D'accord, je vais me coucher"...  Du coup, on lui autorise le yaourt même s'il n'a pas touché à son assiette, il a au moins ça dans le ventre les soirs où il n'a pas d'appétit.

    Toute la famille doit retrouver ses marques, maintenant, notamment pour laisser un peu de place à la petite sœur. Parce que forcément, on parle beaucoup de l'école (on veut savoir ce qu'il a fait de ses journées, normal). Puis les sautes d'humeurs du grand frère nous prennent beaucoup d'attention, et sans le vouloir, l'hirondelle en pâtit un peu, elle qui ne va pas à l'école et qui parle encore trop peu pour nous raconter ses journées.

    Bref, l'entrée à l'école met les enfants et les parents à rude épreuve, tout de même. On s'en doutait, mais maintenant on le vit.

    Du fait, on a pris une décision... En septembre prochain, l'Hirondelle aura 2 ans et 4 mois : même si elle est propre d'ici là, même si l'école accueille les 2 ans quand il y a de la place, nous ne la scolariserons pas, nous attendrons l'année de ses 3 ans. Au-delà de la question des apprentissages, l'école est un gros chamboulement : séparation, autonomie, fatigue... Nous ne sommes pas prêts à la propulser dans ce nouveau rythme alors qu'elle sera encore si petite...


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