• Arrêter de se poser des questions

    Crédit photo : PaternitéPas d'utilisation commerciale drpavloff

     

    La vie n'est faite que de dangers permanents : chaque fois que vous prenez la voiture, vous risquez un acident, chaque traversée de route, chaque randonnée par temps orageux, chaque imprudence quotidienne est un danger. Pourtant, et heureusement, on n'y pense pas continuellement, ce serait invivable. Et puis comme on dit : la peur n'évite pas le danger.

    On va dire que c'est un précepte que nous essayons d'adopter depuis que nous avons envie d'avoir un deuxième enfant.

    Pourtant, il y a le souvenir d'une première grossesse stressante rythmée par la surveillance du retard de croissance du Minipouce. Il y a la difficile acceptation de la césarienne et d'une naissance prématurée. Il y a le spectre d'un mois très pénible de néonat, et le marathon médical qui s'en est suivi pendant quelques mois.

    Pourtant, il y a cette naïveté perdue, cette alarme prête à se déclencher à l'évocation de certains termes médicaux, cette connaissance des risques et des issues tragiques possibles.

    Pourtant, il y a aussi la terrible histoire de gens très proches : mort in utero à terme malgré une grossesse sans pépin, deuil périnatal...

     

    Oui mais voilà, si l'on reste fixés sur ces expériences difficiles, on n'avance jamais, on ne vit plus.

    La réalité, c'est qu'on peut aussi choisir de retenir que nous avons un fils en très bonne santé, qui n'a quasiment pas été malade durant sa première année, et dont les débuts difficiles semblent lui avoir forgé une résistance physique certaine et une adaptabilité remarquable aux diverses situations. On peut choisir de retenir que les risques de récidive sont minimes. On peut choisir de retenir que nous sommes très heureux tous les trois, que nous nous en sortons mieux en tant que parents que ce que nous avions imaginé, que le temps passe trop vite pour qu'il vaille la peine de se prendre le chou. On peut choisir de ne pas se polluer la tête avec des angoisses qui ne mèneront à rien. On peut choisir d'être optimiste et de prendre la vie comme elle vient.

    Pour avancer, nous avons choisi de faire suivre cette nouvelle grossesse dans un autre hôpital : une façon de repartir de zéro, un peu comme si c'était la première fois. Je découvre de nouveaux médecins, de nouveaux locaux, et aussi une nouvelle mentalité (exit les poils des gynécos qui se hérissent à l'approche d'une éventuelle complication, et bonjour la relativisation et la zen attitude). Voilà qui me plaît : cette nouvelle aventure aura sa propre identité, sa singularité, je ne serai pas blasée, et je sens qu'avec mon gynéco au nom de poisson, on va faire une vraie bonne équipe !

    Oui, je le répète, on peut choisir d'être optimiste et de prendre la vie comme elle vient. Toujours.


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  • Ces 20 et 21 septembre seront marqués d'une croix blanche, ce seront de belles journées, de celles où l'excitation des projets qui avancent est à son comble.

     

    {20 - 21 sept }

     

    L'angoisse s'évapore peu à peu, même si l'incertitude restera encore quelques temps dans un coin de nos têtes.

    Hier, j'ai eu rendez-vous avec le petit haricot qui s'est niché en moi, je l'ai vu, par écrans interposés, et enfin, mon coeur a réalisé. En ce vendredi, je sais qu'il nous reste 8 mois pour préparer sa venue. 8 mois pour que notre actuel "bébé" devienne un grand frère. 8 mois pour ranger les terreurs au placard. 8 mois pour projeter, préparer, attendre, le voir grandir, le sentir grandir.

    Et comme les bonnes nouvelles n'arrivent jamais seules, demain, nous signons le compromis de vente d'une nouvelle maison, plus grande, juste faite pour accueillir la nouvelle famille que nous allons devenir.

    Les voilà, les fameux projets dont je vous parlais. Les voilà, ces moteurs qui nous font avancer au quotidien, qui nous rappellent que la vie est quand même vachement bien fichue, et que même ces projets tellement "bateaux" vus de l'extérieur sont franchement assez rock'n roll quand on les vit à fond.

    Et quand le hasard des dates s'en mêle : le 21 septembre était ma date de terme pour ma précédente grossesse ;)


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  • Ou cette maternité dont on ne parle pas à la télé.

    Aujourd'hui, chaque femme enceinte ou jeune mère qui se renseigne un peu sait comment se passe une grossesse, comment se passe un accouchement, comment on s'occupe d'un bébé. Chaque femme a entendu parler des échographies, de la péridurale, de l'épisiotomie, du baby blues, le la césarienne (quoique), de l'accouchement à domicile, de l'allaitement, de la rééducation périnéale. Les médias abordent tous ces sujets en long, en large et en travers. Merci Baby Boom, merci NRJ 12, merci Les Maternelles. Les plus curieuses auront même quelques infos sur la sexualité pendant la grossesse, le chant et le yoga prénatal, l'IMG, la prématurité, et tout le bazar.

    Pourtant, il y a une facette de la maternité dont on parle assez peu, je trouve : la pression sociale subie par les jeunes mamans sur leurs choix de vie et d'éducation. Peut-être parce qu'en la matière, il n'y a pas de véritable science, pas d'enjeu médical, pas de recette miracle.

    Seulement, je pense que nous sommes nombreuses à être victime de cette pression, qui vient souvent de notre cercle proche : parents, grands-parents, frères et soeurs ayant déjà des enfants, amies mères de familles. Mais qui vient aussi des médias, des blogs et forums remplis de témoignages de pseudo mères parfaites.

    Ma propre expérience, mais aussi celle de personnes "in real life" et de blogueuses dont je suis assez proche, m'ont donné envie de dire un gros MERDE à tous ces gens qui s'empressent de dire ce qu'il ne faut surtout pas faire aux jeunes parents, qui mettent en route l'alarme *"ATTENTION FUTUR BEBE CAPRICIEUX"* dès qu'une maman est un peu fusionnelle avec son bébé, etc. Si l'arrivée d'un enfant est déjà un chamboulement énorme pour un couple de jeunes parents, je ne pense pas qu'il soit utile de mettre une pression supplémentaire sur leur épaules.

    Voilà un sujet sur lequel je peux être très bavarde car ces attitudes me mettent hors de moi...

    La pression sociale 

    Avant toute chose, mettons les points sur les i :

    1. La mère parfaite n'existe pas, ça se saurait, quand même.

    2. Les gens qui ramènent leur science et qui critiquent vos moindres faits et gestes sont les mêmes qui haïssaient la belle-mère ayant eu cette même attitude trente ans plus tôt.

    3. Regardez les enfants de ces conseillers en éducation du dimanche et demandez-vous si ce sont des petits angelots. (Eh oui, ces gens oublient souvent que leurs propres mioches piquent des crises dans les supermarchés).

     

    4. On ne peut rien y faire, les vieux vous diront toujours que c'était mieux avant, que "de leur temps", ça ne se passait pas comme ça.

    5. Que les plus malins se mettent à votre place et nous verrons bien s'ils s'en tiendront à leurs bons principes.

     

    Combien de jeunes mamans se trouvent complètement déstabilisées face aux dizaines de conseils à la noix parfois contradictoires qu'on leur donne ? Combien se sentent archi nulles de ne pas réussir à allaiter, de ne pas réussir à laisser pleurer leur bébé, de ne pas le faire dormir dans sa chambre, et j'en passe ?

     

    Mesdames, avant toute chose, écoutez-vous vous-mêmes, et faites ce qui vous semble bien, à vous, et non ce que vous dit la voisine. A partir du moment où vous ne mettez pas la vie de votre bébé en danger et que vous aimez votre enfant, vous ne pouvez pas "mal faire". Du moins, personne en ce monde ne saurait dire ce qui serait mieux, car il ne s'agit pas d'une science régie par des calculs, et personne ne connaît mieux votre enfant que vous-mêmes.

    Le tout, s'est d'assumer ce qu'on fait. Car rien n'est plus facile que de s'en prendre à une maman dont on devine qu'elle est un peu perdue voire dépassée. Vous endormez votre enfant sur vous ? Asusmez ! C'est la meilleure façon que vous ayez trouvée, c'est vous qui vous y collez tous les jours, c'est à vous de juger si c'est une bonne chose ou non. Et si vous manquez de confiance en vous, regardez votre enfant: il va bien, il est serein ? Alors où est le problème ?

    On fait avant tout ce qu'on peut, en fonction de la situation. La seule chose essentielle dont votre enfant a besoin, c'est de votre amour. Le reste, au fond...

    Quant à la crainte de faire des choses qui pourraient avoir des répercussions terribles pour l'avenir, ne la laissez pas vous envahir. Le caractère d'un enfant ne se détermine sûrement pas dans les deux premiers mois de la vie. Rien n'est jamais acquis pour toujours, que ce soit le positif ou le négatif.

    Et c'est cela, au fond, qui est merveilleux dans la vie de parent : les choses ne sont pas gravées à tout jamais dans la pierre, tout est à construire au fil du temps, vos enfants apprendront en grandissant, et surtout, vous aussi, vous apprendrez de vos enfants !

     

    PS : et pour celles qui sont avides de lectures intelligentes et constructives sur le sujet de la maternité, je vous invite à piocher chez Isabelle Filliozat, dont les propos sont loin d'être insensés.


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  • One

    On m'avait dit que ce serait le "jour de la chiale", qu'on serait très nostalgiques ce jour-là. Je m'étais dit que je verserais ma petite larme.

    Eh bien non. Que dalle. Nada. Nichts.

    Aujourd'hui, mon bébé a un an. Déjà. Mais c'est un jour comme les autres. Un jour où il sourit au réveil. Un jour où il a retourné son lit, ses doudous, et tout et tout, comme d'habitude. Un jour où il nous fait rire, nous agace, nous attendrit, nous remplit d'amour et d'envie de lui faire des bisous.

    J'ai eu mon petit coup de blues il y a quelques semaines, quand tous les enfants à peu près de l'âge du mien ont fêté leur premier anniversaire, l'un après l'autre. Aujourd'hui, cette nostalgie est passée. Peut-être parce que son arrivée a eu lieu dans des conditions compliquées et que le jour de sa naissance a ausi été celui où on me l'a enlevé pour le placer dans une cage en verre, loin de mon ventre qui n'avait pas terminé de le couver.

    One

     

    Aujourd'hui, ça fait surtout un an que nous sommes parents, et que nous avons compris l'ampleur de l'amour que l'on porte à ses enfants. Un an que nous sommes trois et que nos priorités ont évolué. Un an pourtant que nous restons fièrement les mêmes, car nous avons choisi non pas de "changer", mais juste d'être "améliorés" par cette formidable expérience de la vie. 

    Ce qui me frappe aussi, c'est que lorsqu'on attend un enfant, on se projette avec un nourisson de trois kilos qui boit huit biberons par jour et qui ne fait pas ses nuits, et la projection s'arrête à peu près là. La réalité, c'est que cette période "nouveau-né" passe en un éclair et que l'on se retrouve bien vite avec un enfant, qui comprend et communique, qui bouge, qui papotte, qui apprend la tendresse et la frustration, qui est curieux de tout...

    C'est fou, on ne garde même pas son bébé vraiment "bébé" un an ! Je crois que c'est l'une des plus grandes révélations de mon expérience de la maternité : j'ai un enfant !


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  • Il y a des bébés qui, dans le ventre de leur maman, ne grandissent pas correctement. Des bébés dont on doit surveiller le poids plusieurs fois par mois. Des bébés dont les parents ont une épée de Damoclès au dessus de la tête : à tout moment, leur bébé peut cesser de grandir, être en souffrance, et voilà qui peut avoir une issue fatale.

    Ces enfants souffrent d'un retard de croissance intra-utérin, autrement dit RCIU. Cela concerne environ 5% des grossesses, soit 1 foetus sur 20. Ce n'est pas rien.

    Il s'agit de la première cause de mortalité périnatale.

    Dans les meilleurs des cas, le RCIU intervient en fin de grossesse, lors que le foetus a déjà atteint un poids raisonnable et que son développement est arrivé à terme ou presque. Mais généralement, le RCIU est détecté en cours de grossesse et engendre un déclenchement de l'accouchement ou une césarienne pour permettre au bébé de se développer en dehors du ventre de sa mère, et cela va souvent de paire avec la prématurité et tous les risques qu'elle suppose.

    Little babies

    Les causes d'un RCIU sont diverses, elles peuvent être maternelles, foetales, placentaires, héréditaires... Mais dans un cas sur trois, les médecins sont incapables d'en trouver l'explication.

    Avec une fréquence d'environ un cas sur vingt, nous pouvons toutes être affectées par cette complication au cours de la grossesse. C'est pourquoi il est important d'aider les chercheurs à mieux comprendre les origines encores obscures du RCIU, à mieux le dépister afin de le prévenir et de pouvoir prendre en charge rapidement les femmes enceintes concernées.

    Pour avoir eu un bébé souffrant d'un RCIU détecté au milieu de la grossesse, je sais qu'il est très difficile, psychologiquement, en tant que maman, d'accepter que notre corps n'assume pas correctement son rôle et qu'il ne permet pas à notre enfant de se développer normalement. J'ai vécu la deuxième moitié de ma grossesse dans la crainte constante d'une naissance prématurée liée à ce RCIU qui est resté en grande partie inexpliqué...

    Je suis donc particulièrement interpellée par le thème de la Marche des Bébés 2013 qui est justement le RCIU.

     

    Little babies

     

    Rendez-vous du 13 au 20 ocobre prochains pour la "Semaine Nationale pour la santé des femmes enceintes et du nouveau né", organisée par l'association Premup, et plus préciément le dimanche 13 octobre pour la Marche des Bébés.

    Et dès aujourd'hui, vous pouvez faire un don pour faire avancer la recherche sur le RCIU.

     


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