• Notre époque est, je trouve, en pleine crise de foi. Foi sans "e" car je ne parle pas ici d'overdose de chocolat, mais bien de la foi religieuse.

    Il y a eu des époques plus simples, pour les familles françaises, concernant "l'éducation religieuse" des enfants. Des époques où l'on naissait dans une famille de telle confession et où l'on ne se posait pas tant de questions. Des époques où l'on respectait peut-être un peu plus les croyances des autres, mais peut-être, parce que justement, elles étaient chez les autres...

    Ô qu'il est sensible, ce sujet. Ô que la France souffre en cette époque moderne des idées préconçues, des amalgames.

    Certains parents, parce qu'ils sont athées, ou agnostiques, décident de ne pas aborder la question avec leurs enfants : la religion, ce sont des foutaises. Et l'on s'arrête souvent là, se satisfaisant juste du folklore qui fait qu'on s'offre des cadeaux à Noël et qu'on se goinfre de chocolat à Pâques - ah bah la voilà, la crise de foiE !

    Chez nous, les enfants entendront parler de religion, pas tant par conviction, que par souci d'information et d'éducation.

    "Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons", qu'il disait, Victor Hugo...

    Leur permettre de faire leurs choix

    Je pose un peu le tableau...

    Mon mari vient d'une famille catholique pratiquante, ses parents sont investis dans leur paroisse, ont fait baptiser, communier et confirmer leurs enfants. Toutefois, il règne dans cette famille une grande tolérance quant à la religion : j'ai eu pour un temps un beau-frère musulman, la moitié des enfants ne vont à l'église que pour les mariages et les enterrements, nous n'avons pas été jugés, mon chéri et moi, quand nous avons fait un mariage "laïc" (mairie + cérémonie non religieuse), nos enfants ne sont pas baptisés et on ne nous le reproche pas.

    De mon côté, je viens également d'une famille catholique, beaucoup moins pratiquante toutefois. Ma mère va à la messe par périodes, mon père s'en fout en peu mais suit le mouvement, mes sœurs et moi avons été baptisées, nous sommes allées au caté et avons fait notre communion, mais ça s'arrête là.

    Et pourtant...

    Bien que venant de familles catholiques, nous ne sommes pas pratiquants. Moi, d'ailleurs, je ne me considère plus franchement comme catholique : j'ai une culture et une éducation chrétienne, mais je ne crois pas particulièrement au dieu chrétien.

    D'un commun accord, nous n'avons pas fait baptiser nos enfants. Cela a dû surprendre, car même les moins croyants de la famille l'on fait "pour faire plaisir". Pourtant, nous avons décidé de laisser le choix à nos enfants. Non pas de les élever en "athées", mais bien de leur laisser ce vrai choix. Et pour avoir le choix, il faut connaître les différentes options...

    "Éducation religieuse" ?

    Vous comprendrez que l'expression "éducation religieuse" ne me plaise pas vraiment, car tout de suite on pense au catéchisme ou à ses équivalents. Les programmes scolaires, qui ont introduit des notions sur les religions, appellent cela "étude du fait religieux", et c'est vrai que c'est un peu plus juste comme formulation, même si c'est très moche et précautionneux.

    Idéalement, j'aimerais que mes enfants aient un panorama des religions auxquelles ils pourront être confrontés dans la vie quotidienne, dans leurs lectures, dans leurs relations, leurs voyages...

    Évidemment, j'ai bien l'intention de leur parler du christianisme : c'est sans doute de cette religion que je parlerai le mieux puisque c'est celle que je connais le mieux. Et puis, il est indéniable que la culture occidentale repose sur les traditions et les légendes chrétiennes. Comment comprendre l'histoire de l'art, la littérature, le calendrier, sans jamais avoir entendu parler de la Bible ?

    Ensuite, j'aborderai les autres monothéismes : islam, judaïsme. D'abord parce que ces religions restent fortement liées, historiquement, au christianisme. Aussi parce qu'elles tiennent une place primordiale dans l'histoire du monde, l'histoire de l'art, la littérature... J'aborderai aussi les religions de contrées plus lointaines, à l'aide de supports qui me permettront de mieux les aborder moi-même... Mais surtout, je le ferai parce qu'il est indispensable de cerner les différences et les points communs entre toutes ces religions pour comprendre la société dans laquelle on vit. Comprendre ses concitoyens quand ils croient en autre chose. Comprendre les conflits internationaux. Comprendre aussi que les fanatiques terroristes n'ont justement rien compris, eux.

    Je veux que mes enfants puissent grandir en France sans avoir peur de leur voisin parce qu'il porte tel ou tel vêtement, parce qu'il va dans tel lieu de culte, parce qu'il lit tel texte sacré, parce qu'il a tout simplement telle ou telle origine. Je veux qu'ils comprennent qu'au final, tous ces gens monothéistes croient en un seul et même Dieu, et que les bouddhistes, hindouistes, ... même s'ils ont une culture différente, ont souvent les mêmes valeurs.

    Et puis, si après tout cela, mes enfants choisissent de pratiquer une religion, en toute connaissance de cause, je respecterai leur choix. Je serai fière, même, je crois, s'ils trouvent dans ce panorama le plus neutre possible, une voie qui leur permette de se réaliser spirituellement.

     


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  • Nous ne serons jamais 5

    Aujourd'hui, je crois que je peux l'affirmer : nous n'aurons pas de troisième enfant. Voilà, c'est dit.

    Pourtant, c'est vrai que j'adorerais être une fois encore enceinte, sentir un petit pépin grandir en moi, vivre la magie d'une naissance, allaiter aussi... J'adorerais revivre les moments de tendresse où un tout petit être se love en peau à peau contre moi.

    Mais on ne fait pas un enfant juste pour cela.

    Je sens que notre famille trouve son équilibre, à quatre. Un papa, une maman, un garçon, une fille, c'est carré, c'est équitable, ça plaît bien à mon esprit cartésien. J'ai l'impression qu'un troisième enfant serait un grain de sable qui se prendrait dans les rouages, je n'y suis pas prête en tout cas.

    Il y a d'autres raisons à ce choix, d'ailleurs. Ayant eu nos deux enfants rapprochés, nous sommes en mode couches-biberons-nuit hachées depuis près de 3 ans sans coupure. Nous commençons à passer un cap avec l'aîné qui ne met plus de couches depuis le début du mois et qui fait de bonnes nuits, avec la petite qui boit ses biberons seule, qui cavale à quatre pattes si bien que nous avons retiré le parc du salon... Nous avons même commencé à vendre certaines choses comme le combiné transat-chaise haute. Alors je crois que nous savourons le fait que nos petits grandissent et que de nouvelles possibilités de sorties et d'activités s'offrent à nous. Nous avons eu notre dose de couches et de ouin-ouin, nous sommes prêts pour les étapes suivantes, sans regret !

    Et puis surtout, il y a la question de la santé. Vous vous souvenez que ma première grossesse fut compliquée, tout comme la naissance de Little J, à cause d'une prééclampsie. Prématurité, retard de croissance, cholestase néonatale... La seconde naissance s'est mieux passée, mais nous avons échappé de peu à une seconde prééclampsie puisque mes analyses commençaient aussi à partir en cacahuète. Nous avons juste eu la chance que cela arrive tardivement dans la grossesse et permette de faire naître la crapouillette à terme sans complication. Tout cela pour dire que mes artères utérines sont archi-pourries et que le risque de récidive est bien présent. Sommes-nous prêts à mettre la vie d'un 3ème bébé, et la mienne, en danger ? Sommes-nous prêts à affronter une nouvelle prématurité, un nouveau retard de croissance, une hospitalisation ? De plus, cela supposerait nécessairement une troisième césarienne, et ce n'est pas une perspective qui m'enchante, soit dit au passage.

    Voilà, je crois qu'il faut savoir raison garder. Nous sommes heureux, à quatre, nous avons la chance d'avoir une famille en bonne santé, où chacun a trouvé sa place. Pourquoi chercher à bouleverser tout cela ? Alors bien sûr, la nature peut toujours nous jouer des tours et en décider autrement : si tel était le cas, il ne fait aucun doute que nous accepterions ce don de la vie. Mais tant que nous aurons le choix, nous resterons 4 : 4 piliers, 4 membres, 4 éléments... Notre harmonie.

     


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  • J'avais envie de partager avec vous les dernières perles de Little J, qui nous ravit chaque jour par ses expressions toutes pleines de malice enfantine !

    • En mangeant de la ratatouille, alors qu'on lui demande de nommer les légumes qu'il reconnaît :

    "des courgettes, une tomate, un écureuil (c'était une aubergine!)"

    • "Je ne suis plus un enfant, moi, je suis un GAR-ÇON!"
    •  "Papa, tu as de la barbe dans ton nez"
    • En jouant à la marchande avec sa caisse enregistreuse :

    "ça fera 200 kilomètres s'il-vous-plaît!"

     Encore ses petits mots savoureux

    Vos enfants vous en sortent aussi, des perles de ce style ?


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  • Je reviens avec un troisième article consacré au temps pour soi quand on a des enfants en bas âge.

    Pour rappel, vous pouvez relire les précédents ici et .

    Quand je vous ai laissées la dernière fois, j'en étais à me consacrer une petite séance de relaxation par semaine dans une pièce isolée de la maison, et je m'efforçais à noter les choses positives dans un carnet.

    J'ai un peu évolué depuis la dernière fois. Déjà, le fait de parler avec mon chéri de tout cela, de mon besoin de temps sans les enfants, a beaucoup fait avancer les choses. J'ai appris à déculpabiliser quand un samedi après-midi, j'ai envie de partir faire du shopping 2h. Après tout, on est pas obligés d'être en famille tout le week-end.

    Depuis la dernière fois, j'ai laissé tomber la séance de relaxation car en réalité, j'avais du mal à m'y tenir. Le fait d'être à la maison ne me permettait pas de couper vraiment. Il y a toujours un truc à faire qui devient prioritaire, une odeur de brulé qui me fait redescendre en cuisine pour vérifier que ce qui est sur le feu ne crame pas, un petit qui a fait une chute et qu'il faut aller consoler... Le printemps aidant, j'ai privilégié des sorties de course à pied. Et finalement, depuis un mois, je cours de façon assidue, en moyenne 2 fois par semaine. Cela me permet de vraiment couper du quotidien. Je suis seule, dehors, au grand air pollué, je me défoule, et ça fait du bien.

    Ensuite, il y a le côté "couple" sur lequel nous travaillons.

    Après près de trois ans passés à pouponner non stop, nous avons grand besoin de nous retrouver. Alors c'est décidé, en juin, pour fêter nos dix ans d'amour, nous nous faisons un petit week-end à la mer, dans un hôtel avec spa privatif (je me suis même racheté un super bikini pour l'occasion!) rien que tous les deux. Les petits quant à eux feront la joie des papy-mamie.

    Le temps pour soi #3 : sport & moments en amoureux

    Et puis la semaine prochaine, pour la toute première fois, nous faisons venir une baby-sitter en pleine semaine pour se faire une sortie mac do/ciné. C'est bête, hein, mais notre dernier ciné remonte à un dimanche après-midi de décembre 2013. Outch !!! (ah pardon, on me souffle à l'oreillette que je me suis fait un ciné en solo pendant mon congé maternité début 2014).

    Et vous, vous arrivez à vous octroyer un peu de temps pour vous avec des enfants en bas âge ? N'hésitez pas à partager vos idées !


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  • caractère

    Certains jours comme ce matin, je me demande si nous avons engendré des petits êtres caractériels.

    Il y a le grand, qui, a la maison, est une grosse bourrique, et qui peut me tenir tête une demi-heure EASY pour une histoire de hérisson Kinder surprise jeté à travers la pièce et qu'il ne daignera pas ramasser.

    Il y a la petite, qui nous donne déjà un aperçu de ses futures colères en se jetant violemment en arrière quand elle est contrariée, comme ce matin où elle m'a fait une frayeur folle en heurtant le coin de la table à langer.

    Comment seront-ils en société ? Comment seront-ils en grandissant ? Souvent je me le demande. Déjà j'observe que chez la nounou ils sont bien différents, bien plus obéissants.

    Est-ce moi qui ne "sais pas faire" ? Se sentent-ils insécurisés, malgré les limites que nous tentons de fixer ? Ou se sentent-ils au contraire plus en sécurité à la maison au point de pouvoir lâcher les fauves ?

    Avec l'école qui approche à grands pas pour le grand, je me demande forcément comment il réagira dans une classe de 25 gamins, avec une maîtresse, ou dans une cour de récré remplie de petits monstres hurlant... Au parc, mercredi, j'ai eu un petit aperçu de son mode de défense fort original face à des enfants un peu brutes qu'il ne connaît pas : il rugit comme un lion en restant à deux mètres de distance minimum pendant 5 minutes. Puis, s'il ne s'est pas fait mordre en retour, il fonce dans le tas (enfin, sur le toboggan). Il marque son territoire, ça m'a fait sourire.

    Au moins, il montre qu'il existe, il se manifeste aux autres. Bon point. Je suis ravie qu'il ne joue pas la carte de la discrétion. Il court, il sourit, il m'appelle du haut de la cabane, il parle aux autres. Je me dis que peut-être, il ne se laissera pas marcher sur les pieds, qu'il aura ce qu'il faut de caractère pour ne pas se laisser faire. Que sa façon de s'affirmer avec nous lui servira dans la vie.

    Et puis, je pressens une humilité, une douceur, une sorte de bienveillance dans son rapport aux autres. Et mon coeur de maman me dit qu'il est un tant soit peu heureux et équilibré, qu'il ne sera pas de ces horribles personnes trop caractérielles et souvent hautaines.

    C'est tout ce que je lui souhaite.


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