•  

    Le mercredi, il dort un peu moins longtemps que les autres matins. Je l'entends descendre de son lit, ouvrir et refermer sa porte de chambre, et se faufiler dans notre lit, comme pour profiter le plus possible de cette journée où nous restons à la maison. Souvent, sa petite sœur ne met pas bien plus de temps à se réveiller elle aussi et nous voilà tous les quatre, émergeant doucement dans le lit parental. Enfin, les deux petits, eux, sont bien réveillés, ce sont plutôt papa et maman qui galèrent à ouvrir les yeux pour de bon.

    Nous nous levons, déjeunons tranquillement dans le canapé, devant les dessins-animés, autorisés le mercredi. Il passe sa tête à la fenêtre et me demande s'il fait beau aujourd'hui. "On va aller au parc ?" "Je veux jouer dehors!"

    Un mercredi au parc

    Alors quand le soleil se décide enfin à pointer quelques rayons, nous filons ! Nous avons trouvé un chouette petit parc pas très loin de la maison, bien sécurisé, avec plein de jeux, et où je sais que je peux les laisser courir ou cavaler à quatre pattes sans danger. Alors je les lâche, je me pose dans l'herbe et je m'efface, les laissant être tout simplement des enfants.

    Il y a d'abord lui, mon Crapaud, un vrai petit fou fou qui s'élance tout à tour vers le toboggan, le tape-cul, de nouveau le toboggan, la petite maison... comme s'il voulait tout essayer en même temps. Il court sans s'arrêter - mais comment font les enfants pour être à fond, non stop ? - et savoure le présent, simplement. Il est là, pleinement, et rien d'autre n'existe plus. Il s'approche des autres enfants, souvent des plus grands que lui, et papote. Il rit, il grimpe partout, il est heureux. Ce petit carré d'herbe et ces quelques jeux valent alors tous les Disneyland du monde.

    Il y a aussi ma Douce, qui se lasse vite d'être laissée en poussette alors qu'elle suit des yeux son frère qui bondit de tous côtés. Je la pose à son tour dans l'herbe, elle touche, elle lève la tête pour sentir le vent sur son visage, elle plisse les yeux à cause du soleil, tout son petit être est réceptif à l'environnement qui l'entoure. Elle dépouille une pâquerette, observe une abeille qui passe près d'elle puis s'élance de son meilleur quatre pattes pour tenter s'approcher elle aussi ce petit peuple d'enfants qui s'enthousiasme un peu partout autour de nous.

    Moi, je suis là, à côté d'eux, et je touche du doigt ce qui me semble être le bonheur : le plaisir simple d'un enfant libre de jouer, de sauter, de courir,  la douceur du soleil sur les cheveux, le parfum de fleurs porté par le vent, les rires, l'herbe qui laisse nos pantalons un peu frais quand nous nous relevons... Le temps qui suspend son vol parce que nous sommes là, ici, maintenant et qu'on se fiche pas mal du reste !


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  • Joli moi de mai, tu es passé en un éclair ! Que de fériés, que de week-ends rallongés ! Je n'ose même pas compter le nombre dérisoire de jours passés à travailler ce mois-ci : j'ai eu l'impression furtive d'être en vacances.

    En mai, nous avons fait plein de jolies choses, en solo, en famille, en amoureux, avec les copains...

    D'abord, j'ai pris du temps pour moi avec les copines : tricot, papotage, musée, restau japonais... Ce que ça fait du bien ! J'ai aussi revu Justine, camarade de lycée avec qui j'ai aujourd'hui bien des points communs, je dirais même "deux trois points" communs pour citer le nom de son joli blog qui me rend très admirative de ses cousettes ! Filez y faire un tour si vous aimez les jolis vêtements cousus main !

    Nous avons bien profité de la famille, fêté des anniversaires, regardé les enfants grandir. Une bouffée de vie en pleine face!!!

    Mai fut un mois sportif, où j'ai couru une cinquantaine de kilomètres, je m'en auto-applaudis, et où j'ai introduit du gainage et des squats dans mes routines quotidiennes, si si, je vous jure.

    Ce fut le mois des premiers barbecues dans la cour, des sorties familiales dans les événements festifs de notre ville. Le mois de notre première sortie en amoureux en pleine semaine alors que les petits étaient gardés par une baby sitter. LE truc que nous n'avions encore jamais fait !

    Ce joli mois s'est terminé par un petit goûter où nous avons fêté un peu tardivement le premier anniversaire de l'Hirondelle avec les proches que nous n'avions pas encore pu réunir pour l'occasion. Le clou du spectacle, si je puis dire. Petite fête donc pas de grande déco. Juste une petite nappe,des serviettes colorées, et des petits bouquets de pompons trop mignons !

    Bye Bye May

    Bye Bye May

    En route pour Juin, qui nous réserve déjà tout un tas de raisons d'être heureux : des fêtes de famille, un week-end en amoureux à la mer, la fête de la musique...J'ai déjà hâte !


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  • Un mois de vraie vie

    Le temps est passé à la vitesse de l'éclair, un mois que je n'ai pas mis les pieds ici. Un mois consacré à la VRAIE, vraie, vie. Les vacances et les longs week-ends nous y ont bien aidés, soit dit en passant !

    Entre une semaine en Corrèze passée chez la famille que nous n'avions pas vue depuis deux ans, douze mille visionnages du Roi Lion, 1, 2 et 3 s'il-vous-plaît, des après-midis avec les copines, des sorties, au grand air et culturelles, et aussi du cocooning, les batteries sont rechargées à bloc!

    Et puis je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les vacances font aussi terriblement changer les enfants. Je vous reviens donc très vite pour vous raconter tout cela !


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  • Voir la mer

    Ce week-end, nous sommes allés voir la mer. Une première pour mes petits loups, qui ont pris le grand air.

    L'idée est venue vendredi : et si, demain, on allait voir la mer ?

     

    Voir la mer.

    Courir dans le sable.

    Ramasser des coquillages.

    Être un peu saouls à cause du vent.

    Marcher dans les traces de pas.

    Regarder les bateaux.

    Compter les mouettes.

    Marcher jusqu'au phare.

    Deviner les côtes anglaises à l'horizon.

    Emmener du sable partout.

    Se faire des bisous salés.

    S'endormir dans la voiture.

    Raconter ce bel après-midi...

     

    Promis, nous prendrons plus souvent la voiture le week-end pour une de ces virées qui n'était pas prévue. Cela fait tellement de bien ! Au diable le rythme des enfants, la sieste, et les obligations diverses. J'aime tellement quand la vie picote comme le sable projeté par le vent !


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  • Parfois, quand j'y réfléchis, je me dis qu'au vu des bagages que je traîne, je ne m'en suis pas trop mal sortie.

    Les gens me trouvent souvent "normale", parfois hautaine ou distante, la plupart du temps souriante et sympathique. Il paraît que physiquement, je me défends, et sur le plan social et professionnel, je n'ai pas à me plaindre. Ils ignorent cependant que je me considère comme une grande handicapée sociale.

    Je vous avais un peu parlé ici de la petite démarche autonome que j'avais entreprise, celle de guérir, tant que faire se peut, l'enfant qui est en moi. De ce côté, je pense qu'il y aurait matière à thérapie, mais faute de temps, de budget, et faute de courage de sauter le pas, j'essaie déjà de m'"auto-analyser", d'une certaine manière, dans une démarche réflexive et par le biais de lectures dédiées.

    Handicapée sociale, disais-je... Car oui, je me sens amputée de certaines capacités à interagir normalement avec les gens. J'ai une tendance aiguë au repli sur moi-même, une grosse difficulté à exprimer mes émotions, mes besoins affectifs, autrement que par l'écrit. J'ai une sacrée intolérance aux conflits, aussi, aux tensions, aux gens qui haussent vite le ton. Je manque énormément de confiance en moi, ce qui va de pair avec une espèce de syndrome de l'usurpateur : je pense souvent que les gens me surestiment et qu'il découvriront tôt ou tard le pot aux roses. J'ai également beaucoup de mal à réagir à chaud face à une masse d'informations : j'ai peu de questions après une explication médicale, une conférence ou un cours. J'en ai dix mille qui surgissent la nuit suivante, une fois que mon cerveau s'est repassé le film cinq ou six fois.

    Tout cela n'est pas apparu comme cela, du jour au lendemain. Toute ces banalités, ressenties par beaucoup de gens, je les ressens comme de gros obstacles dans ma vie sociale et professionnelle.

    Ce handicap, je le porte en moi depuis ma petite enfance.

    La petite fille très timide, qui ne parle pas à l'école, qui a peu d'amis, qui est concentrée sur ses devoirs mais qui a un sale caractère à la maison, c'est moi.

    Une vraie photo de moi en petite section. Photo qui fend le cœur de mon chéri quand il la regarde, tant il trouve que j'ai l'air malheureuse.

    Cette petite fille a priori normale et juste un peu réservée n'a pas émis un son dans l'enceinte de l'école de la petite section au CE1 (ou CE2, mes souvenirs ne sont plus très précis). A la visite médicale, on ne m'a jamais rien décelé d'anormal que ma timidité. 5 ans. 5 ans d'école sans émettre le moindre son. Avec le recul, ça me paraît juste impensable que personne ne s'en soit inquiété.

    Tout a commencé en petite section. Une dame de l'école qui apparemment me taquinait beaucoup (et de façon un peu lourdingue) sur le fait que j'étais timide et que je restais dans les jupes de ma mère. C'est l'élément déclencheur, dans le discours de mes parents. Cette période coïncide avec la naissance de ma petite sœur, l'arrivée chez une nouvelle nounou, une cousine de ma maman. Difficile aujourd'hui de démêler les vrais souvenirs des discours rapportés.

    Moi, je crois que j'avais l'impression d'être dans une énorme bulle. D'avoir toujours le cafard. Je me rappelle une certaine Perrine qui m'a pincée à l'école. Et puis Sébastien D. et Fabien C. qui me jetaient des cailloux à la récré. Mélanie D. avec sa doudoune à fleurs, qui était la seule à jouer avec moi en grande section. Madame T. qui, chez les moyens, m'a secouée parce que je ne répondais pas à sa question - aveu du siècle, je n'en avais jamais parlé à personne. Mme C., à qui je chuchotais les réponses à l'oreille. Le CP n'a rien arrangé : j'ai peut-être récité une ou deux poésies à voix basse, y étant obligée, j'ai sans doute lu oralement des paragraphes du livre de lecture, mais à chaque fois, les sons que j'émettais étaient la transcription orale d'un texte écrit par un autre, et peu audibles à plus d'un mètre de distance. Je n'ai pas le souvenir d'avoir ouvert la bouche pour donner une réponse devant la classe ni pour raconter quoi que ce soit avec mes propres mots.

    Je me rappelle aussi ce coup de fil un jour où ma mère était malade. Le téléphone sonne dans le couloir, je décroche et dis "Allô?", et là, j'entends que c'est Annie (ma nounou évoquée plus haut) ou son mari. Je me revois lâcher le téléphone et courir un sprint jusqu’au fauteuil du salon, avec une énorme montée de stress, parce qu'ils avaient entendu ma voix au téléphone. Je n'arrivais pas à accepter qu'ils m'aient entendu parler, parce que je n'avais pas eu le contrôle de la situation, j'étais vexée, honteuse, déstabilisée, angoissée...

    Je crois pouvoir dire que ces années de silence à l'école et chez Annie,  m'ont rendue malheureuse. Ma mère et ma grand-mère ont passé des heures à me prendre entre quatre'z'yeux pour me demander pourquoi je ne parlais pas à l'école. Comme si je savais pourquoi ! Dans ces situations sociales particulières, le son ne sortait pas, c'était comme cela, j'avais l'impression de ne pas le contrôler vraiment, c'est comme si je n'avais pas eu de cordes vocales dans ces moments-là, j'aurais juste voulu être transparente, assister à tout ce spectacle du monde sans que personne ne me remarque.

    Ce trouble est un vrai trouble psychologique, il s'agit du mutisme sélectif. Mais ça, je ne l'ai découvert qu'il y a un an, au hasard d'un article sur le web. Avant, j'ignorais totalement si c'était répandu, si ça avait un nom...

    Comme personne ne m'a jamais fait consulter, et que ça s'est résolu un jour où ma mère, excédée, m'a hurlé dessus et m'a menacée, furieuse, d'aller chez un spécialiste, j'ai appris à me débrouiller toute seule avec ce vécu.

    Longtemps, et peut-être encore aujourd'hui, j'en ai eu terriblement honte. Je n'avais qu'une hantise, c'est que le jour de mon mariage, quelqu'un prenne le micro et évoque cette petite Sophie qui ne parlait pas. Malgré tout, je sais aujourd'hui que si j'ai une excellente mémoire, si j'ai eu des facilités scolaires, c'est sans doute en partie grâce à ce trouble. Pendant les années où se posent les bases scolaires de la lecture, des mathématiques, de la logique, j'étais dans une espèce de bulle d'hyper-concentration, j'observais tout, j'intériorisais tout ce qui se déployait sous mes yeux.

    Ainsi, je me souviens qu'en petite section, un certain Grégory avait son frère handicapé dans la même classe que nous, et je l'observais pendant les comptines. En grande section, nous inventions une histoire avec une princesse qui s'appelait Aurore. Noémie, une fille de ma classe, m'avait donné une image avec un n° 5 écrit derrière, c'était le numéro de son appartement. En CP, je donnais la main à Maxime L. pour aller en récré, nous sortions premiers car nous étions les plus sages, il avait de l'eczéma sur les mains et de l'asthme. Je me souviens de tous les déguisements que j'ai portés au carnaval de la maternelle au CM2, des activités que nous avions faites dans le jardin de Marion ma voisine, pour son anniversaire et de tout un tas d'autres choses qui sont archivées dans ma tête et accessibles en un instant. J'ai une mémoire essentiellement visuelle, j'ai toujours réactivé l'image de mes cahiers ou du tableau quand il fallait répondre aux questions d'un contrôle, en classe.

    Étrangement, si je me trouve assez handicapée sur le plan relationnel, j'ai également une hyper-adaptabilité à ce qu'on attend de moi. Quand on me demande un travail, il est rarissime que je sois à côté de la plaque.

    C'est un don assez étrange, que je dois à une période très longue et difficile.

    Dans les articles que j'ai pu lire sur le mutisme sélectif, j'ai trouvé quelques réponses à mes questions sur les origines de ce trouble. Je n'ai aucun souvenir de traumatisme dans ma petite enfance, je pense qu'il n'y a rien à trouver de ce côté là. En revanche, il semblerait qu'une mère hyper-protectrice, insatisfaite par son couple, un père discret voire transparent , et une hyper-timidité familiale, soient des éléments récurrents dans l'environnement des mutiques sélectifs. En plein dans le mille me concernant.

    Voilà, j'ai fini cet article fleuve, il pourrait bien sûr être dix fois plus long tellement j'aurais à dire sur le sujet. Pourquoi ai-je écrit ce pavé, me direz-vous ? A quoi bon raconter ma vie à des tas de gens qui s'en fichent ? Eh bien je me dis que quelque part, il y a sans doute des parents qui ont des enfants qui souffrent du même trouble, et que ça les aidera peu-être à comprendre.

    Je voudrais leur dire aussi que ça n'empêche pas de devenir un adulte heureux. J'ai des amis, j'ai eu des amoureux et j'ai désormais un mari, des enfants, un métier. Je bosse même dans la communication, sacré pied de nez, vous ne trouvez pas ?


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