• Le non salutaire

    Le non salutaire

     

    Je suis de ces personnes un peu timides et trop serviables qui ne savent pas dire non. Du plus loin que je me souvienne, ça a toujours été le cas. 

    Je pense que ça tient à mon éducation : mes parents non plus ne savent pas vraiment dire non. Peur de décevoir, peur de s'opposer, et un peu de satisfaction ressentie quand les gens ont besoin de nos services, parce qu'on n'a pas vraiment confiance en nous au fond.

    Déjà pendant ma deuxième grossesse, j'avais fait un petit craquage nerveux car j'avais la sensation qu'au boulot, on abusait un peu de ma gentillesse pour me coller plein de choses sur le dos; la psychologue que je voyais alors régulièrement avait déjà pointé du doigt le problème : "Mais pourquoi ne dites-vous pas non ? Que se passera-t-il si vous dites non ?". On ne se refait pas... Ou peut-être que si, un peu, à force de travail sur soi.

    Le mois dernier, contre toute attente, j'ai enfin dit un grand NON à une collègue qui essayait de me refiler son travail sous prétexte qu'exceptionnellement je lui avais rendu service l'année précédente. C'est un peu anodin, en soi, mais pour moi ce fut une vraie victoire. Il y a des gens à qui vous donnez la main et qui vous prennent le bras tout entier. Ce jour dont je n'ai pas retenu la date m'a marquée profondément.

    Combien sommes nous à être pris au piège de demandes exigeantes que nous n'avions pas vu venir ? Combien sommes nous à êtres pris au piège de personnes qui nous utilisent parce qu'on a eu le malheur de leur dire oui une fois ? 

    Parce que j'ai une machine à coudre, il fut un temps où tout un tas de personnes me donnaient leur ourlets à faire, alors qu'en fait, je n'ai jamais appris à faire un ourlet, je ne suis pas couturière, je bidouille juste à mes heures perdues. Mais je n'osais pas dire non. 

    Vous connaissez l'adage : "trop bon, trop con". 

    Aujourd'hui, j'ai fait un petit pas dans mon "développement personnel" et je vous encourage à le faire aussi si vous vous reconnaissez dans mes propos. La grande timide que je suis a appris à assumer, ce n'est pas de l'égoïsme, c'est juste une façon de faire comprendre aux autres qu'on a beau être sympathique, on n'est pas corvéable à merci. Leur faire comprendre aussi que tout un tas de choses qui paraissent tellement faciles de l'extérieur peuvent prendre énormément de temps et générer des prises de tête pas possibles (là je pense à ma machine à coudre qui ne fonctionne plus très bien et m'en fait voir de toutes les couleurs !).

    Bref, je m'efforce donc désormais d'assumer et de dire NON quand quelque chose ne me semble pas correct, quand je n'ai ni l'envie, ni le temps. Et désormais, quand j'accepte, c'est que ça me fait VRAIMENT plaisir !

    Petit à petit, j'avance sur le chemin tortueux de mon rapport à moi-même, et la mutique d'il y a 25 ans devient un tout petit point à l'horizon.

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 9 Décembre 2015 à 22:56
    MissBrownie

    Encore un point commun entre nous ;)

    Je suis exactement comme toi (sauf que je ne sais toujours pas faire un ourelet, mais qu'en plus de ne pas savoir dire non, je ne sais pas demander d'aide aux autres par peur de déranger)

    2
    Dimanche 13 Décembre 2015 à 14:23

    Je suis comme toi, j'ai beaucoup de mal à dire non. Trop bonne trop conne, comme tu dis. Il y a une semaine au boulot, j'ai dit non à mon chef....cela a déclenché une tempête que je suis loin de pouvoir assumer....j'ai pleuré pendant 4 jours....mais je  n'ai pas cédé. Et je suis fière de moi...

    3
    Dimanche 13 Décembre 2015 à 17:34

    Merci pour vos petits mots, je crois qu'on est nombreuses dans ce cas.

    @ La vie en tisanie : comme je te comprends, il y a des choses qui me tracassent des nuits entières alors qu'avec un peu de recul...

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