• Les mamans

    Petite ôde à toutes ces femmes qui conçoivent, portent et mettent au monde un enfant. A celles aussi qui ne peuvent pas passer par l'une de ces étapes, qui doivent recourir à la médecine, qui doivent faire des deuils, ou encore prendre sous leur aile l'enfant biologique de quelqu'un d'autre.

    Les mamans

    C'est tellement difficile de définir une maman: les critères biologiques sont ma foi très réducteurs. Peut-être que ça se mesure à la taille du cœur, une mère ?

    Avoir des enfants nous emporte dans un tourbillon d'amour. Un tourbillon de responsabilités et d'angoisses aussi. Protéger ses petits, avoir peur de la mort, faire passer ses propres besoins en dernier, autant d'instincts primaires que fait resurgir la maternité. On ne le comprend pas tant qu'on n'a pas eu d'enfant. On l'imagine peut-être mais on ne le saisit pas dans sa profondeur.

    Nous tous et toutes, autant que nous sommes, avons également une maman...

    Devenir mère nous ramène indiscutablement à notre rapport à notre maman, relation complexe s'il en est.

    Dans mon cas, cette relation que je croyais paisible s'est avérée fort tumultueuse dès la fin de mon adolescence. Voilà qui ne m'empêche pas de l'aimer et de savoir qu'elle a fait ce qu'elle pensait être le meilleur pour ses enfants. Même si elle croit à tort que je pense qu'elle fut une mauvaise mère. 

    Devenant moi-même maman pour la seconde fois cette année, j'ai pu, grâce à un peu d'aide, démêler les fils de cette histoire entre ma mère et moi. Je ne saurais pas en parler avec elle, je sais d'avance qu'on irait droit dans le mur du dialogue de sourdes, mais j'ai pu poser des mots sur des (re)sentiments que je porte en moi depuis ma tendre enfance. Des histoires d'angoisses, de séparations, de choix de vie, de reproduction de schémas familiaux, de culpabilités. J'ai dû apprendre à la désacraliser, à la voir comme une femme comme les autres, qui elle aussi emportait un bagage en chemin. J'ai dû apprendre à me déculpabiliser, à arrêter d'espérer pouvoir la changer un jour et à la prendre comme elle est. Même si je trouve qu'elle s'autoflagelle, qu'elle entend mais refuse d'écouter, qu'elle devrait vivre en tant que femme et non exclusivement en tant que mère.

    Devenir parent, ou le difficile travail qui consiste à accepter de tuer symboliquement les figures parentales qui nous ont élevé(e)s, pour construire notre propre identité de maman ou de papa...Il y aurait tant à en dire ! J'ai parfois si peur de la façon dont me verront mes propres enfants dans vingt ans...

     

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