• Quand vient la fin de l'été

    Lundi, cette parenthèse enchantée dont je savoure la fin va se clore une bonne fois pour toutes.

    Je sais déjà que lorsque je serai assise à mon bureau, j'aurai l'impression d'avoir rêvé ces 7 mois de pause - 2 mois d'arrêt maladie, 4 mois de congé maternité, 1 mois de vacances d'été - , j'aurai le sentiment d'avoir à peine cligné des paupières.

    J'ai le cœur gros à l'idée de reprendre le travail, parce que je sais que les semaines se mettront à filer très vite. Je n'ai pas envie de renouer avec ce sentiment de ne pas voir mes enfants grandir, même si cette fois, les mercredi seront un doux intermède hebdomadaire.

    Pourtant, ces tout-derniers mois n'ont pas été tout roses. 

    Mes enfants - Little J l'a subi de front et L'Hirondelle en aura été spectatrice - ont été confrontés à une maman de moins en moins patiente, une maman qui hausse la voix, une maman qui en est même allée jusqu'à mettre des petites tapes sur la main, voire une fessée. Bref, une maman fatiguée. Un peu physiquement, mais surtout nerveusement. Un soir, après un week-end en famille éreintant, j'ai eu un coup de blues qui m'a fait pleurer devant mon fils. Ses yeux inquiets et ses "maman elle pleure" m'ont mis un coup au cœur : non, je ne veux pas retourner travailler, mais je sais que malgré tout cela me fera du bien. Je n'irai pas jusqu'à prononcer les gros mots de "burn out maternel", mais je pense que j'en suis potentiellement sur la voie. Retrouver une vie sociale hors famille, avoir des plages horaires où je sais que mes activités ne menacent pas d'être interrompues par une tétine perdue, un verre cassé ou une crise d'opposition, me feront le plus grand bien.

    C'est le couple qui s'en prend plein la tête aussi. Parce qu'avec un niveau différent de "fatigue parentale" (je ne dis pas que mon chéri n'est pas fatigué par son boulot, juste que c'est une fatigue différente, parce qu'il n'a pas eu les enfants toute la journée autour de lui), notre degré de patience est lui aussi différent. En découlent des disputes parce que maman crie et que papa pense bien faire en disant "ce sont eux les enfants, et toi l'adulte, c'est à toi de te contrôler". Nous avons dû mettre les pendules à l'heure entre nous, parce que je me sentais culpabilisée en permanence, et complètement incomprise. Bien sûr que je sais que je ne devrais pas crier, que c'est à moi de calmer le jeu, mais entre la théorie et la pratique...

    En cette fin du mois d'août, j'ai le cafard à l'idée de laisser mes loulous 9 heures par jour à la nounou, mais en même temps, j'en ai assez que toutes mes sorties soient précédées de laver les biberons/ préparer le sac à langer / mettre l'Hirondelle dans le cosy/ aider Little J à mettre son manteau / mettre Little J dans la voiture/ mettre le cosy dans la voiture / mettre les roues de la poussette dans le coffre / démarrer la voiture / me demander où j'ai foutu mon sac à main / le trouver / redémarrer / ne plus me souvenir de si j'ai fermé ou non la porte à clés... Ceci n'est qu'un exemple. Et dire qu'avant j'étais en retard quelque part parce que j'avais mis une demi-heure à me maquiller ^___^  

    Dès lundi, au moins, j'aurai ma pause du midi rien que pour moi.

    Si je dévoile ces choses assez intimes ici, c'est pour briser un peu l'image de mère parfaite qu'on essaie toujours de donner sur son blog / devant la famille / en société en général. Il y a un gros tabou autour de cela.

    Comme beaucoup de mamans, je ne demande pas d'aide. Je l'ai dit à mon homme : j'ai clairement un peu honte, à cause de toute cette pression que nous met la société.

    Mes enfants - enfants rapprochés, qui plus est - je les ai voulus, et j'ai l'impression que si j'ai le malheur de me plaindre, on va me renvoyer dans la figure que quand on fait des enfants on assume, qu'on va me lancer des "je te l'avais dit", que ma mère ne se gênera pas pour balancer une phrase innocente du genre "tu vois ce que j'ai enduré", et tout un tas de choses du même style (oui, parce que pour la culpabilisation, de ce côté là, c'est championne du monde). Pire encore, je n'ai pas envie de lire de la pitié dans le regard des amis qui n'ont pas d'enfant. 

    Tout cela n'est d'ailleurs pas toujours calculé. Quand on nous demande comment ça va, si on n'est pas trop fatiguées, on a souvent le réflexe de tout montrer sous le meilleur jour. Parce que c'est vrai : nos enfants sont trop craquants, on les aime, ils sont notre sang, notre chair, c'est viscéral, et les moments de bonheur à leurs côtés valent tous les coups de fatigue du monde.

    Dans un autre domaine, ces 7 mois de pause auront été pour moi l'occasion de me couper de mon boulot. 

    Un boulot que j'aime pour son contenu, mais que je déteste sur le plan humain / relationnel. Parce que l'ambiance y est archi pourrie, que certains chefs n'ont de responsable que le nom, qu'à trop vouloir bien faire je m'y suis épuisée. Hormis quelques collègues devenues de vraies amies, les personnes sur qui compter sont rarissimes, et tout n'est que coups bas et hypocrisies. Si encore j'étais payée une fortune, mais c'est loin d'être le cas.

    Mon congé m'a donc permis de renouer avec la créativité et les travaux manuels, que le rythme effréné du boulot avait étouffés dans l’œuf ces derniers temps. La piqûre de rappel que c'est ce qui me motive, que c'est ce qui me donne envie de me lever le matin.

    Quand vient la fin de l'été   Quand vient la fin de l'été

    Comme vous l'avez lu dans les articles précédents, j'ai ainsi ouvert une petite boutique sur A little Market. Et mon chéri m'a fait l'immense cadeau de m'aménager un petit coin atelier dans notre chambre en même temps qu'il montait la penderie. Un petit espace rien qu'à moi, à côté de la chambre des enfants, qui me permet de bidouiller des petites choses pendant leurs siestes. 

    La perspective de pouvoir y passer une partie de mes mercredi après-midis me met du baume au cœur et m'aide à digérer plus facilement la pilule de la reprise du boulot...

     

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 27 Août 2014 à 18:35
    matinbonheur

    Je crois qu'on passe toutes (et tous?) par cette période délicate de fatigue intense, avec multitude de sentiments ambivalents, avec des enfants en bas-âge.

    C'est bon de lire de + en + souvent des billets comme le tien, où tout n'est pas si rose, même si évidemment on les adore nos enfants!

    Pas évident de se réaliser sur tous les plans et de trouver l'équilibre qui va bien. Bonne reprise!

    2
    Noëllie
    Mercredi 27 Août 2014 à 18:42
    Juste...merci pour cette article! Je me sens tellement proche de ce que tu décris.... Surtt il y a un peu plus d'un an après 9 mois ss travailler et un loulou qui se reveillait encore ttes les 2 h... La fatigue, l'isolement , les jugements de mon mari ( la même phrase que le tiens! Et dc se sentir infantilisée) la peur de dire que ça ne va pas,... Mtn avec le tps je pense aussi que j'etais à la limite du burn out... Et même si je ne voulais pas retravailler, moins le
    Voir etc... Ça m'a sauvé, ça nous a sauvé! Alors oui je m'en veux d'avoir craquer mais j'essaie petit a petit à être bienvaillante envers moi... Et je te souhaite la même chose :-) bonne et douce reprise :-)
    3
    Mercredi 27 Août 2014 à 18:56

    Ahhh la fatigue à la maison, je n'ai pas de petit deuxième, et pourtant ces 4 mois passés à la maison avec ma deuzan ont été épuisants. J'aime ma fille plus que tout sur cette terre, mais elle a l'art et la manière de me faire tourner en bourrique et monter dans les aigües comme personne ! Et comme toi, du coup, le couple est mis à mal. J'ai commencé ma formation il y a 10 jours et j'ai l'impression d'être bien moins fatiguée (et pourtant je me lève 2 heures plus tôt qu'avant !!!), plus énergique et épanouie. Mais elle me manque... Faudrait bosser le matin et rester avec eux les après-midi, là ce serait parfait ! Bises.

    4
    Jeudi 28 Août 2014 à 22:58
    Zelda

    Un énorme "Bon courage" pour cette reprise !!!

    Moi aussi je reprends cette année, et j'appréhende aussi pas mal; même si je n'ai pas de petit bout à m'occuper !

    Ça ne doit pas être évident de gérer tout cela non stop, et je pense qu'un peu de recul, le fait de passer du temps hors de la maison, te fera le plus grand bien. Et c'est normal de craquer je pense !

    Gros bisous

     

    5
    Vendredi 29 Août 2014 à 21:27

    Un grand merci les filles ^^

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